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Carnet de campagne
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11.11.09
Il est des élus qui sont d’un territoire comme on est d’un pays. Ils entretiennent avec lui un lien charnel, physique, vital. Abdelhak Kachouri, notre tête de liste en Seine-Saint-Denis, est de ceux-là. Le 93, avec ses difficultés et aussi ses réussites dont jamais on ne parle, est comme une extension de lui-même. De toutes les têtes de liste, il sera le seul à choisir de m’accompagner partout, en ami et en guide. Un pilote, et quel pilote, au cœur d’un département d’exception, stigmatisé et toujours debout, montré du doigt et pourtant fort, novateur, combattif.
Jeudi 7 janvier, 9h30. Le commissariat de Saint Ouen a été financé par la Région. Une centaine de fonctionnaires de police y travaillent. Il manque, en Seine-Saint-Denis, des centaines de policiers. Mille fois, Claude Bartolone l’a signalé au Ministre de l’Intérieur, mille fois il est resté sans réponse. La sécurité, pour ce gouvernement, ce n’est que des mots qu’on lance en campagne électoral, jamais des actes. Au « Café de l’Eau », je débats avec les habitants de Saint Ouen. C’est vif. Plus de sécurité, plus de prévention, plus de policiers… L’Etat a abandonné ce territoire. Aux actes, il préfère les mots blessants, Karcher, racaille… Des mots vides pour les caméras. Il est temps que quelqu’un le dise : le bilan sécurité du gouvernement est mauvais. Ma rencontre avec les représentants de la filière de l’industrie de l’image à Titra Films me permet de mesurer leur inquiétude. Le fonds de soutien aux industries du cinéma mis en place par la Région a permis de gagner des semaines de tournage et de sauver des milliers d’emplois. Mais les entreprises souffrent. La Région doit intervenir plus directement et plus fort sur le passage au numérique de la profession. C’est tout le cinéma qui, aujourd’hui, vit cette révolution.
Je déjeune avec Daniel Goldberg, mon ami, député de la Courneuve, et d’autres élus. Propos à bâtons rompus. Ils s’expriment sur cette campagne. Jacques prévient : « elle sera dure. » Je le vérifie tout les jours. Aux 4000, nous faisons le point sur la rénovation de ce quartier, l’un des plus célèbres de France. Une famille de la cité nous invite à partager une galette des Rois dans un des immeubles réhabilités. Ici, un homme politique en campagne a parlé de Karcher. Ce que je vois, moi, ce sont des femmes et des hommes qui vivent ensemble, malgré tout.
A Sevran, je dîne d’un couscous succulent, reçu dans la maison d’une famille d’origine marocaine. Nos propos sont libres, les rires fusent. Des moments sérieux aussi, comme lorsque je me fais expliquer que les enfants adoptés par des familles séjournant légalement en France ne peuvent obtenir de papiers : le pays d’Ubu. De jeunes chefs d’entreprise du département sont présents, dynamiques et ambitieux.
Le vendredi matin, je me rends à la gare du RER A de Neuilly Plaisance. Ici, la grève a privé les usagers de transports durant deux semaines. Ce n’est pas acceptable. L’Etat et la RATP auraient dû négocier. Le choix de laisser pourrir le conflit pèsera lourd, je le crois, dans l’avenir. Je me souviens des propos de Nicolas Sarkozy : « quand il y a une grève, en France, plus personne ne s’en aperçoit ». Il ferait bien de venir expliquer aux usagers du RER A que c’est parce qu’il ne s’est pas aperçu de la grève qu’il n’a rien fait pour la faire cesser.
Le premier lieu fondé par l’Abbé Pierre en 1954, au cœur d’un hiver demeuré célèbre, ce fut ici, à Neuilly Plaisance. Je rencontre le directeur du Centre auquel j’explique que nous voterons prochainement trois emplois tremplins pour soutenir ses activités. Une aide essentielle pour les compagnons, me répond-il. Je me souviens de l’Abbé, avec sa pèlerine, assis par un froid glacial. Je me tenais debout à ses côtés. Cet homme a changé le monde. Je n’oublie pas ce que nous lui devons. A 10h30, au cœur de Rosny 2, je visite le « tête à tête », un lieu de prévention contre le SIDA où parents et jeunes échangent et sont formés. Un détail me fait sourire : ici, on alerte aussi les parents sur les dangers des jeux vidéos… et sur leurs bienfaits. « Pour que le jeu reste un plaisir ». Je finis cette visite du 93 par le Marché de la Croix de Chavaux à Montreuil. C’est un des plus formidables marchés d’Ile-de-France. Les commerçants y sont très chaleureux, un esprit convivial règne ici, des cris, des appels au chaland. Et c’est un marché peu cher.
Voici les images de mon déplacement en Seine-Saint-Denis, pour voir les vidéos, cliquez ici :


