Grand Paris : l'administration privée de Christian Blanc
20.01.10
dans Argumentaires

On sait que Christian Blanc, secrétaire d'État chargé du « Développement de la région capitale », a des relations très houleuses avec le Premier ministre, au point de remettre en cause auprès de l’Elysée (avec succès) l’arbitrage de Matignon. Or en observant son site sur le portail du gouvernement, on s’aperçoit que son formulaire de contact est au bénéfice du Premier ministre, et qu’il ne dispose pas en propre d’une administration : il doit avoir recours aux directions centrales d’autres ministères.

Blanc dépend donc matériellement des services du Premier ministre pour établir son projet de Grand Paris. Ou pas. Selon « la lettre A » du 8 janvier 2010, Christian Blanc a fait appel au cabinet d’avocats Veil- Jourde pour rédiger son projet de loi. En effet, Pierre-Alain Jeanneney, qui y exerce, a longtemps été l’un des proches collaborateurs du Secrétaire d’Etat. Christian Blanc a donc choisi de se reposer, non pas sur les administrations publiques qui sont dédiées à cette mission, mais sur un réseau personnel rémunéré pour ce faire. La lettre A précise que cet arrangement a été retenu « pour conserver la main et éviter les fuites ».

On voit que la solidarité gouvernementale joue à plein. Dans le dossier du Grand Paris, qui consiste essentiellement à décider de l’avenir de la Région Ile-de-France sans consulter aucun des élus locaux, de droite comme de gauche, la logique est poussée à la caricature ! C’est un ancien haut fonctionnaire qui est nommé par le fait du Prince sur ce dossier, dont le réflexe est de bâtir ce dossier fondamental de manière secrète, y compris par rapport au chef du Gouvernement !

Le Président de la République a fait de l’évolution de Paris et de sa couronne une question personnelle, au profit d’un clan qu’il dirige. On l’a vu quand, ancien président de l’EPAD, Nicolas Sarkozy a tenté d’en transmettre la tenure à son fils, avant de se replier sur son ancienne suppléante. Il apparaît clairement aujourd’hui l’évolution de la capitale ne relève ni des élus, ni du gouvernement, ni d’une quelconque gestion transparente et démocratique. Nicolas Sarkozy en a fait sa nonciature personnelle et y a délégué Christian Blanc.

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